
Puerto Natales est une petite ville de pecheur, point de liaison maritime de la region 'magellanes' avec le reste du pays, vu qu'il y a aucune route depuis villa O'higgins. L'atmosphere de bout du monde est bien palpable, le charme de la bourgade certain, avec ses maisons de pecheurs en toles colorees. Petite balade bien agreable le long de la mer et dans les rue calmes. On se sent bien ici, mais des demain c'est le depart vers la destination la plus australe de notre periple, la terre de feu et Ushuaia.
Nous partons au petit matin, pas vraiment reveilles. au bout d'une heure de route, arret au mileu de rien, tout le monde descend et on monte dans un bus qui vient de Punta arenas, direction le ferry, qui va nous faire traverser... Le detroit de Magellan. On fonce sur le pont, pas mals emus, pour profiter du moment. Le vent est glacial, Flo a du mal et rentre vite au chaud alors que je la cherche partout pour lui montrer le tonina (dauphin) qui joue avec le ferry. En face, notre objectif, la Terre de Feu! Bien que les 2 embarcadaires soient en face l'un de l'autre, et assez proches, le courant est si fort que nous parcourons plus de trajet dans le sens transversal que longitudinal. Pour le reste, avouons le c'est moche, pas grand chose a voir. Pourtant la magie fait son effet quand nous posons le pied de l'autre cote, avec maintenant derriere nous, le continent americain. La terre de feu nous semblait petite mais non, c'est immense et il nous reste encore plus de 10 heures de bus avant Ushuaia. Toute la partie nord de l'ile est formee de paturages pour les moutons, sans le moindre arbre pour freiner le vent polaire. Passage de frontiere, encore une fois, on commence a apprecier a sa juste valeur l'espace shengen un peu fatigues de ces arrets interminables, et dont l'interet nous echappe. La terre de feu argentine etant separee de la metropole par le chili, les argentins qui se rendent a ushuaia doivent entrer au chili, puis ressortir 2 heures plus tard, apres avoir traverse... des champs desoles sur une piste en terre. Un non sens. Mais les champs de mines anti personnel qui bordent la route chilienne nous rappellent qu'ici, voisin ne veut pas dire ami. De l'autre cote, grande route parfaite plus en rapport avec le trafic important nous mene a Rio Grande, sur la cote atlantique pour la pose remplissage-vidage. Drole de ville moderne perdue au milieu de rien et remplie de magasins chics. Etrange.
Enfin apres Tolhuin, au bord du lac Fagnano, changement radical. On rentre dans une grande foret, et la route grimpe le long d'une vallee profonde. On est entoure de sommets enneiges, et on se demande pourquoi les stations de ski que l'on rencontre ca et la sont deja fermees. Du haut du dernier col, on appercoit de nouveau la mer, ou plutot le canal de Beagle, et la baie d'ushuaia. On vous epargne pas la "sequence emotion" parce que quand meme un ptit peu.
Le temps de traverser la ville, pour se degourdir les jambes et se rendre a notre auberge. Elle est bien plus grande que ce que j'imaginais, avec un grand port de fret, et une grosse activite industrielle. Le centre ville est sympa, bien que plus moderne et sans le charme de Puerto Natales.
Mais ici c'est different, parce qu'on est a Ushuaia, et c'est ca qui change tout!
Pour nous, c'est la fin de la premiere etape, on se sent comme arrive, et la douce auberge nous pousse a la pose. Le salon du haut possede sans doute la plus belle vue de la ville sur le port, le canal de beagle, et en face l'ile chilienne de Navarino, ultime terre habitee avant l'antarctique. Parti de Quito au degre de latitude 0, nous souhaitions aller jusqu'à puerto Toro, au dela du 55ème parallele. Mais, encore pour des raisons de rivalite entre les 2 pays, bien que les excursions sur le canal de beagle soient plethore, aucune ne depose de gens en face. Les connexions sont rares, et remplies pour les 3 prochaines semaines. Nous n'irons donc pas plus au sud que latapia, fin de la route 3, cote argentin.
Mis a part assouvir notre reve de gamin, Ushuaia, degage une atmosphere certaine. Ici c'est la fin des terres, plus loin il n'y a plus que la mer, le cap Horn et ses marins heroiques. C'est les yeux tournes vers le sud, regardant loin devant que l'on ressent l'ame de la ville. Ca et la on se croirait retourne a cette epoque d'aventurier. La visite de l'ancien bagne, ferme par Peron et transforme en musee, nous plonge encore plus dans cet univers de grands marins. Sur le canal les epaves sont autant de souvenir de cette epoque pas si lointaine.
Mais c'est la nuit que la magie opere, creant ces rares moments de la vie, simples et inoubliables. La, assis dans le canape confortable, admirant le ciel qui ne s'eteint jamais. Apres le long coucher de soleil, commence un crepuscule sans fin qui embrase les nuages au sud, face a nous. L'envie de l'accompagner jusqu'à son retour est plus forte que le sommeil. Un reve eveillé.. A moins que..
Moi qui croyait ce qu'on m'avait appris, que le soleil se levait a l'est et se couchait a l'ouest, sornettes!! ici il se leve pratiquement la ou il avait disparu, au sud.
Ushuaia cote terre, c'est le parc national, magnifique, luxuriant, tranquille, etrangement doux, qui longe le canal de beagle et l'hiver le ski dans ces paysages de reves. Mais vous l'avez compris la n'est pas l'interet!
Pour nous, les journees sont tranquilles on se repose, admirant les paquebots qui se lancent a l'assaut de l'antarctique tout en jouant des grandes parties de Risk et on se balade en ville en profitant du bon chocolat. On passera une super journee dans le musee du bagne, entre epaves et prisonniers celebres, histoire de la terre de feu et expo chinoise propagande du gouvernement avant les JO. Amusante subjectivite. Tout comme la vision argentine sur l'archipel des Malouines. D'ailleurs, une anecdote amusante: toutes les cartes, meme les plus officielles, de l'argentine incluent les malouines, a tel point que j'ai fini par reellement douter sur l'issue de cette guerre. Mais non, surement la version argentine, de la methode couet.
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