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Argentine - Buenos Aires


de Flo, 31-10-2006

lat 35°S


Buenos aires, plein centre, T3 meuble, 4eme sans vis a vis, chien inclus. Nous voila plus que bien installes dans le bel appart d'Emilie et Stephane. C la qu'on prend la mesure de toutes ces choses simples dont il est si bon de profiter. D'abord avoir un chez soi, un endroit ou l'on se sent bien, ou l'on sait que l'on peut venir a toute heure pour se faire a manger ou juste pour se reposer. Parsque chez mimi on est a la maison, on est bien. Et pi voili un point fixe qui redonne a chacun un peu son independance. Ensuite pouvoir se recreer un monde a soi avec ses petites habitudes, Cotto la superette du coin, la promenade quotidienne du chien, la bouche de metro du quartier, le concierge, les amis! Que c bon de se poser enfin de prendre le temps de pantoufler, de faire du shopping, de sortir avec ses potes, de se laisser vivre! C'est qu'on a meme envie de travailler! Si c'est pas ca le luxe je m'y connais po! Nos journees suivent un rythme bien tranquile, lever 10h, jeux educatifs avec le chien Rafu, petit dej a l'appart, tele, dvd, bouquinnage, web au choix! Puis prise de decision sur ce que sera l'activite de l'apres midi (si on y arrive, sinon, ben onverra demain) et enfin depart pour la Melee pour dejeuner avec Stephane, Emilie et la petite equipe du resto. Activite du jour, quand y en a une, (generalement visite d'un quartier) puis retour vers 21h pour partager le diner et la soiree a la Melee jusqu'à la fermeture vers 1h.
La Melee, ou plutot Melee pour eviter une confusion phonetique en argentin, en face d'un petit parc, en plein microcentro, une terrasse bien paisible en retrait de la rue, puis une grande piece en L avec des plafonds super hauts et des poutres en acier qui donnent une atmosphere moderne a l'ensemble. La deco est hyper sobre, Mimi se laisse le temps de vraiment flacher sur des trucs sympas pour en agrementer la piece, rien ne presse, l'ambiance chaleureuse est deja la grace aux spots et au majestueux lustre 'aux milles etoiles' dont Stephane ajuste les intensites lumineuses au fur et a mesure des ambiances du moment. Les murs sont rouge fuschia ou vert lichen dore, la note d'atmosphere est donnee par les couleurs du dessous du bar, reconstitution du fond du baiser de Klimt.
Le bar ondule dans toute la longueur de la piece, le canape orange lui repond avec ses decoupes arrondies. Deux grandes tables aux sieges sortis d'une salle de conference ou de cinema sont la touche vintage qui rajoute une "buena onda" a l'ensemble, comme on dit ici. L'installation HiFi hallucinante digne des meilleures boites n'est en general pas utilisee au max puisque c avant tout un fond musical qui nous accueille du matin a la nuit, de la musique francaise, les gouts de Mimi ont pas change, ca fait du bien.
Voila Pablo, le chef cuisto qui remonte de la cuisine, sec comme un marathonien, toujours avec une connerie a raconter pour nous faire marcher. On adopte doucement le lieu, tout nous plait, Mimi et Steph nous y accueillent comme des princes, on sait deja que ca va nous manquer...
La grande ardoise, entouree des drapeaux argentins et Français, annonce les plats du jour. allechant on se lance, un peu timidement, mais non fo pa, voyons si Pablo est aussi drole qu'il est bon cuisinier... Une piece de porc aux patates, c un bon test! Pablo nous fait l'honneur de nous servir, tablier gris, petit foulard corsaire sur son crane rase, la tete haute et le regard fier il nous presente nos plats avec le ton de celui qui aime le travail bien fait. Il a sans doute affaire aux gouteurs les plus capricieux de la ville, mais, ca commence plutot bien! Fourchette plantee direct dans le porc, il est tout tendre, cuit rose comme on sait l'apprecier. Il est comme caramelise nappe par une fine touche sucree salee aux inspirations a la fois latines et asiatiques. C un regal! Les papas sont decoupees en petits morceaux, frites juste a point, elles croustillent sous la dent et leur cœur est tendre a souhait! Ca le fait, Pablo est la perle rare, le resto a plus que toutes ses chances! "Cerise" sur le gato, la poire pochee depasse toutes mes esperances, enorme, encore craquante, delicatement parfumee et servie avec ses feuilles de menthe et ses batonnets de cannelles... je crois que j'en ai un peu abuse en 3 semaines!
Le soir les amis se retrouvent derriere le bar, beaucoup de français qui apprecient autant les patrons que leurs bons mojitos! On se lie d'amitie, Jojo la 'maman adoptive' de Mimi qui a le cœur sur la main, Dani la courageuse patronne d'un bouchon lyonnais d'a cote toujours de bonne humeur malgre les soucis du personnel qui profite trop de sa gentillesse. Paulo le 'casque d'or' de Mulhouse qui a quitte pour 3 mois femme et enfants pour venir prospecter une affaire a monter dans la gastronomie, ou l'hotelerie, ou, enfin il sait pas, mais fo que ca rapporte. Franck, le coiffeur french touch (a domicile et pour nous a toilettes de la Melee) qui a trouve a salta, Mary, la femme de sa vie et l'a suivie pour vivre ici.
Benoit, le prof de math et d'echecs pour Gil de 28 ans, en vacances depuis 2 ans, qui a tres vite compris qu'il faut profiter de l'argent des qu'on l'a, sait on jamais ce que la vie nous reserve! Et puis Damien, Fabien, Maya et bien d'autres amis de Mimi et Stephane qui partageront un petit moment avec nous.

A la decouverte de Buenos Aires et des portenos (les habitants!)...
Pour resumer nos premieres impressions, il y a vraiment beaucoup de circulation, plein de magasins pour tous les gouts et meme des rues pietonnes, la vie culturelle est riche, conclusion : c comme toutes les grandes villes d'Europe! Recoleta ressemble a paname, Puerto Madero aux docks, et la city a la city de Londres, le theatre Colon aux grandes salles d'art lyrique italien, un batiment imitant celui de sydney, un bout du monde entier se retouve ici, sans vraiment une ame propre a la ville. Si, le tango, et .. les rues la nuit ou la vie des cartoneros.

Pour circuler on a vite compris que nos pieds seraient nos meilleurs allies, les taxis ne sont pas chers du tout mais les bouchons sont trops presents. Le metro pratique quand il faut aller vite et loin, sinon c dommage de pas profiter de la vue dans une ville qu'on connait pas. Pour les bus Emilie nous a prevenu il faut au moins le bac Bus+2, on comprend vite qu'on comprend pas, bref on insiste pas.
Dans le microcentro on croise pas mal de boutiques de cuir autour du resto, une discussion sur les chevaux avec Paulo me met la puce a l'oreille. Ne serait on pas dans le pays ou le sport national est le polo et les Pessoa ne seraient ils pas les champions de jumping de mon enfance? Il n'en faut pas plus pour que je me lance a la recherche des boutiques d'equitation! Paulo nous accompagne dans une toute proche dont il connaît la qualite. Deux jours plus tard il me passe la carte d'une autre ou il est alle faire un tour, Pablo s'y met aussi de sa petite carte et moi je prends les grands moyens avec les paginas amarillas sur le net!
A y est, g une bonne liste en poche, on peut y aller, on en profitera pour visiter BA en meme temps!
Premier quartier, le plus eloigne, celui de l'hippodrome et des champs de polo forcement! Jolie boutique avec des cuirs magnifiques pour tellement moins cher qu'en France. Le proprio est adorable, je lui demande une selle Pessoa, il me rappelle qu'ici toute les selles sont fabriquees maison, il me fait essayer une selle de saut magnifique avec le troussequin (zinquietaez pas moi non plus je sais po se que s'est) tres releve et droit a la mode argentine. Le soucis c que j'y connais moins que rien a tout ca (ben finallement flo non plus), en europe je n'avais que des marques en tete sans jamais savoir ce qu'il y avait comme technique derriere! Il me dit que c a moi de me sentir emballee par la selle, il ne veut pas me la vendre pour lui, il me propose de la prendre pour l'essayer sur mon cheval pour qu'il puisse la modifier sur mesure! Me voila encore moins avancee... Bon suivant on verra bien, un coup de foudre peut etre! Sur le chemin nous voila en face de l'immense hippodrome, la curiosite est plus forte on y va direct, j'explique a Gil le peu que je sais et on se prend au jeu en regardant les chevaux au tour de presentation. Celui la me plait, l'autre plait a Gil et nous voila a parier trois pesos six sous sur les classes des trois prochaines courses!!! En fait c pas drole les cotes correspondent exactement aux resultats, sans surprise, tant pis on gagnera des sous un autre jour, le spectacle est de toute facon bien assez beau.
Allez on tente d'attrapper l'autre boutique avant qu'il ne soit trop tard! On croise des tags, politiques et artisques geniaux. Mais non encore un obstacle en chemin, la casa de las botas... Forcement il faut y aller, moi qui ait tjrs reve de bottes en cuir sans jamais oser m'y ruiner! C une feerie de bottes d'equitation qui nous attend, toutes plus fines et plus belles les unes que les autres! Combien de temps pour en faire une paire? Une semaine! Super c parti, il prend dix milles mesures sur mes deux pieds, je choisis le cuir, je choisis le modele et voila qui est fait! Bon on file au pas de course la boutique ne ferme qu'a 20h c nickel, les selles ne m'inspirent pas plus mais c pas grave le gars des bottes m'a confie l'adresse d'un sellier qui copie les modeles Pessoa, ca devrait le faire!

Deuxieme quartier, celui tres en vogue de puertomadero. Franck (le coiffeur) nous propose de nous le faire decouvrir, on en profite pour amener Rafu puisqu'il jouxte une reserve naturelle le long du fleuve Plata. Le quartier n'est autre que les immenses quais de la grande epoque des transats, entierement renoves, habritant des restos et bars branches. Les immeubles plus modernes les uns que les autres s'entassent un peu plus chaque annee.
Les grandes compagnies y ont leur siege et les employes peuvent se restaurer tranquillement au bord de l'eau. Il fait bon siroter un petit verre en terrasse a l'heure du the, tout y est bein paisible, pas un chat ne circule, une bouffee d'oxygene hors du brouaha incessant qui recommence a deux cuadras a peine. Pour la reserve naturelle et la vue sur l'embouchure du rio c loupe, la zone est interdite a tous les animaux domestiques, las mascotas comme ils disent. Pas grave on fait un tour par les nombreux espaces verts qui jalonnent le chemin du retour pour laisser notre petit Rafu se degourdir les papattes.
Troisieme quartier, on part pour l'agence Lan Chile, histoire de decaler d'un mois tous nos billets d'avion avant d'etre au pied du mur, et oui meme en vacances on arrive a prendre un mois de retard! File d'attente de 40 personnes devant nous, chacun a son petit numero... Nous, on file a deux cuadras de la acheter ma selle en coup de vent, de retour il restait encore 15 numeros avant nous! Mimi nous avait dit qu'ici on pouvait passer sa vie a faire la queue mais on imaginait pas a ce point la. On comprend mieux pourquoi un metier original est ne avec la crise de 2002, faiseur de queue, toutes les idees sont bonnes pour gagner sa croute quand plus rien ne va. Dans le meme registre le celebre metier de cartonero est de loin le plus repandu, il consiste a retirer de nuit les cartons des poubelles posees dans la rue afin de les revendre pour du recyclage. Toute une organisation, vie nocturne des rue de Capital federal. Revenons en a nos moutons, une fois nos billets mis a jour nous partons au hasard de nos pas. Trois cuadras plus loin nous voila etonnes de nous sentir en plein Paris, vitrines luxueuses, facades en pierre grise, rues bordees de grands arbres, c'est le quartier Recoleta celui dont le cimetiere abrite la celebre tombe d'Eva Peron (depuis plusieurs exils pendant les dictatures). Les hotels y sont de veritables palaces et la haute couture francaise s'affiche dans les vitrines. On en profite donc pour se promener au milieu des parcs et aller visiter le cimetiere qui par moment ressemble a s'y meprendre au Pere Lachaise mais en bcp plus petit. Au retour petit arret pour deguster une glace maison, c une specialite de BA et effectivement ca vaut le detour!
Quatrieme quartier, Palermo, qu'il soit viejo, Soho ou hollywood c de loin le plus anime et le plus branchouille! Quartier aere, arbore, regorgeant de boutiques de createurs bobos et de resto qui vont avec !
Cinquieme quartier, San Telmo le coin des brocanteurs et autres antiquaires. Le quartier qui monte, au parfum de St germain des pres. De beaux objets qu'on ramenerait bien chez soi, du premier telephone sans touches a l'enorme machine a expresso en cuivre. Beaucoup d'objets qui se font rares en europe. Une rue centrale, defensa, super animee, court sur cinq cuadras mais des qu'on en sort il n'y a plus rien, si ce n'est tout de meme quelques jolies facades anciennes. C ici que mimi et stef nous feront decouvrir les meilleures viandes de la ville, donc du monde! Du gout, tendre comme du beurre,
des morceaux enormes, cuits a la perfection. Le meilleur TBone de ma vie. Prix du courte paille. A oublier avant le retour en France sous peine de grave desillusions.
Sixieme quartier, La Boca, embouchure du port, image de la ville et bien sur celebre pour son equipe de foot et ses socios carrement barges. La rue touristique: le caminito, un cuadra dont les maisons sont toutes de couleurs vives differentes, il s'anime le dimanche avec le marche artisanal. Pas vraiment authentique,pour nous rien de bien extraordinaire. C avant tout le quartier populaire du centre ville et le vrai interet est sans doute dans le reste du quartier. Nous voila donc partis a travers la boca pour but de rejoindre la pointe de Puerto Madero pour revenir a pied a la Melee. Le quartier est beaucoup moins propret que sa rue touristique mais il reste agreable avec ses rues bordees d'arbres et ses petits commerces. Pas de boutiques pour le shoppping, ici le superflux n'a plus sa place...
Septieme quartier, congreso, le quartier des vieux monuments institutionnels. L'avenue du 25 mai est une copie de Rivoli avec son celebre cafe d'epoque ou l'on deguste les meilleurs chocolats chauds de la ville! La maison rose, palais du president, est le clin d'oeil d'eva peron vers les etats unis.
Huitieme quartier le once, l'equivalent de barbes mais en dix fois plus grand cette fois! Les minorites nativos s'y concentrent, peruviens et boliviens, mais le racisme est tres present et les portenos ne s'en cachent pas. Nous on est content d'y retrouver la simplicite qu'on a laissee derriere nous, les bons en cas a disposition dans la rue, la musique coloree dans les boutiques et la vie pas chere, le sourire, la gentillesse et l'ouverture a l'autre qui donnent la chaleur de ce quartier.

Pour les quartiers ce n'est surement pas tout, la ville est tentaculaire, mais notre champ de decouverte c limite au centre, ensuite il faut attaquer la deuxieme couronne et ca on l'a pas fait!

Dimanche neuf heures, il pleut averse, tout le monde dort et probablement jusqu'à midi. L'appel des chevaux est plus fort, je file en taxi dans le quartier de l'hippodrome, rejoindre Maya pour son premier cours d'equitation. Le club aleman est detrempe et le cours n'aura pas lieu, seuls les socios ont le droit au manege couvert. Ce n'est que partie remise, on en profite pour faire le tour des ecuries! Plus de 200 chevaux, tous plus impecables les uns que les autres! Pas un crottin qui traine, pas un grain de poussiere sur le poil! Je vois vite qu'il y a ici au moins un employe pour 20 chevaux dont le seul role est de les bichonner voire meme de les seller pour que le cavalier n'ait plus qu'a se hisser sur son dos! C un peu trop pour moi mais j'imagine que ce metier leur permet de vivre donc c bien qu'il existe! Tous les chevaux sont super muscles mais il y a une astuce, ils passent leur temps a marcher dans un tourniquet electrique au lieu de glandouiller dans leur box! On assiste a une demo de saut d'obstacle dans une carriere qui ressemble plus a une piscine, ca fait froid aux yeux! Forcement les match de polo sont annules, on aurait bien voulu voir les pros en action, les terrains sont magnifiques! Tant pis ca fait deja du bien de passer du temps avec les chevaux, c qu'il y en a un qui me manque sur sa colline de pech david!

L'argentine c aussi pour nous la promesse de bien manger, on avait mis le mot gastronomie de cote jusqu'alors mais le voila qui reprend tout son sens a mon plus grand plaisir! La specialite du pays est definitivement la viande, tjrs extraordinairement tendre et gouteuse, on la deguste a la parilla : grillee au feu de bois! Les quantites sont tjrs demesurees et un plat pour deux est bien suffisant, le tenedor libre est un grand classique: forfait pour manger a volonte la parilla! Les morceaux de choix sont le bife de chorizo, sorte de cote de bœuf sans l'os!, le lomo, ou filet, sorte de gros medaillon genre chateaubriand. On trouve aussi dans la parilla des ris d'agneau ou de veau, du boudin noir et des tripes d'agneau, sortes d'anneaux un peu elastiques contenant une pate cremeuse mais ca c pas bien terrible! Les fruits et les legumes retrouvent leur droits, la zapallo (potiron) est la mieux representee. Le dulce de leche est tjrs omnipresent dans les desserts et pas un repas ne se termine sans un cortado, expresso avec une larme de mousse de lait. Les combinaisons cafe/lait/chocolat sont ici declinees sous toutes leurs formes.
Buenos aires foisonne de resto et de cafes plus differents les uns que les autres, et meme des bars a vin font leur apparition, fo dire que le vin argentin est plutot sympa. Toujours un peu trop riche, le soleil ne manquant pas, meme on trouve de bonne choses. Meme si de l'avis de Gil, les vins de cepages n'egaleront jamais les vins de terroir et assembles du vieux continant. Mais avouons le, le rapport qualite prix est imbattable, 80% des bouteille se vendant entre 8 et 15 pesos (2 a 4€), les grandes bouteilles depassant rarement les 40 pesos. Alors quand le vin est au prix de la biere, on en profite un max.

On pensait profiter de notre long sejour pour partir visiter les chutes d'iguassu a 1500km au nord et un peu d'Uruguay a quelques heures de bateau mais rien de tout cela! en cette saison le peu d'eau rend les chutes moins attrayantes et pour ce qui est de l'uruguay, bien propret, ca nous semble pas insipensable.. On est bien ici et on a envie de profiter au max d'etre avec mimi et Stef. On se prendra quand meme par la main pour tenter une sortie jusqu'a Tigre petite ville au bord du delta de l'enorme fleuve parana qui forme le plus grand estuaire au monde. 1h de train pour venir naviguer, sous une chaleur ecrasante, sur les petits caneaux du tigre qui sillonent entre les proprietes plus belles les unes que les autres, regroupees par ilots relies par des passerelles. Seul moyen de locomotion pour les habitants, le bateau, prive ou bus comme celui sur lequel on fera le tour de tout le delta jusqu'à rejoindre les courants boueux du paranal. La vie s'y organise avec batobus, batoepicerie, batoessence et ressemble a un havre de paix en pleine nature, jardins d'herbe vert tendre et maisons en bois bordes par la riviere et ses oiseaux sauvages. Le prochain objectif de Mimi, une petite maison au bord de l'eau, a 30 minute du centre de la capitale. Encore largement accessible financierement, si on s'eloigne un peu des rivieres principales le grand luxe a la Miami.

Les portenos nous en parlent avec emotion et enthousiasme, nous voila au theatre Colon, l'un des plus beaux du monde tant pour son accoustique exceptionnelle que pour son immense coupole. Le programme, Boris Goudonov, une histoire vraie d'un tsar accuse par un usurpateur de l'avoir tue parce qu'il etait son fils. Bon le russe meme soustitre en espagnol c pas evident, meme si l'accoutisque hallucinante nous permet de profiter de la beaute des voix meme juches du haut de notre paradis, et sans la moindre sono. Les costumes magnifiques, les decors et la mise en scene m'ont tenue attentive jusqu'au bout de la 4eme heure! L'orchestre est terrible, avec des centaines d'instruments, du trombone a la harpe a l'enorme tambour en passant par le gong qui m'a bein fait rire! Tout etait splendide et on a pas regrete l'investissement malgre le gout amer que nous laissent les factures en argentine lorsqu'on se voit payer deux a trois fois plus cher qu'un argentin parce qu'on est etranger! Pour l'opera, on avait pourtant prevu le coup et s'est josiane qui est venue nous acheter les places, mais pas attentifs, le gars nous a quand meme refourgue des place "etranger" .heureusement on a pas eu affaire au pire truand: La compagnie monopole aerolineas argentinas qui propose une palette de 4 tarifs selon la nationalite etrangere a laquelle on appartient... No coment.

De retour a La Melee... Ce n'est pas une mince affaire a gerer pour Emilie et Stephane qui passent tout leur temps au bar, sans plus avoir une minute a eux. Apres les avoir observe pendant deux semaines, on se prend a vouloir leur filer un coup de main tout apprentis que nous sommes. Le matin ils partent ouvrir a 8h30 et nous disent qu'il suffit d'etre la vers midi pour le service. Ca commence bien on se pointe a 12h30 bien tapees, la bouche en cœur bien sur! Bon Gil prendra la place de stephane, a faire le relais entre la salle et la cuisine qui se trouve au sous sol. Stephane est aide cuisto en attendant d'embaucher un ayudente qui puisse resister au caractere de pablito! Mimi fait la caisse, fo pas deconner avec les sousous, le service et les boissons pendant que je me cantonne prudemment derriere le bar a un poste sans souci, la plonge du bar! Gil depasse tres vite les limites de son poste, le service en salle lui plait beaucoup plus parce qu'il peut discuter avec les clients, il aurait pas une ame de commercial celui la? Le feu se calme vers 15h avec le retour aux bureaux, le temps pour nous d'apprendre qu'il faut fariner les verres et les couverts pour qu'ils se conservent plus longtemps, c'est pas avec de la farine bein non c'est avec de l'alcool! On remet tout en ordre en attendant le service du soir qui attaque vers 20h. La, Gil est dans la salle il prend les commandes, apporte les plats et prepare les boissons! Bref il est a fond et ca lui plait, mimi le briefe sur la machine a expresso histoire qu'il arrete de faire des cafes brules, zi fo pas deconner avec le cafe ici... Et Stephane lui devoile la recette du mojito que Gil ne manquera d'ameliorer bein sur, c qu'en plus il est perfectionniste! Moi je fais tout pour pas croiser les regards des clients qui me lancent des commandes depuis leur table qu'evidemment je ne comprends pas bien parce que le castellano est une chose mais le 'castechano' en est une toute autre!
Gil se demene, moi j'en profite pour faire un petit reportage photo et je ne manque pas de me faire jeter de la cuisine off course! N'empeche que Pablo est quand meme trop content, et voudra voir toutes les photos. Gil en est a essayer de vendre le plus de desserts possible... et ca marche!
Moi je m'applique a faire patienter les potes du bar qui attendent leurs plats depuis plus d'une heure, heureusement ils sont cool et tout le monde garde le sourire! Voila la clientele de la nuit arrive, c l'heure des cocktails et la encore c Gil qui veut s'en occuper! Un groupe de turcs qui debarque, bon ils parlent ni anglais ni espagnol c pour Gil! Vodka, tequila, une tournee offerte par la maison (Gil) et ca repart pour une longue soiree jusqu'à plus soif! Bilan des comptes positif, une bonne journee pour la melee et des clients qui reviendront... tous les soirs pour les turcs qui fetaient leur victoire a l'emission fear factors!

L'heure est venue de quitter tout ca, Rafu est dresse, enfin il obeit a assis et presque a couche... On se reverra pas de longtemps alors on se dit qu'on reviendra! Gil et mimi ont plein de projets dans la tete.
C'est dur de partir, on essaye de pas y penser. Comme si de rien n'etait.

Le ptit Gil a pas grand chose a rajouter a tout ca, flo etait plutot inspire. A peine ajoute 2 3 touches perso ca et la.

Pour moi Buenos aires, c'est ma mimi. et ca je partage po...

Juste dire que je suis trop fier de ce qu'ils ont construit, avec leur petites mains, rien qu'a eux parce que je vous promet que c'est vraiment cho, qu'il leur faut des tonnes de forces et de courage, loin de la famille, des amis, dans un monde dont il faut decouvrir les clés, dans un metier qu'on connaît pas, sans gagner d'argent. La melee, c'est tout comme eux. tout leurs employes sont mega heureux de travailler avec eux, que du bonheur.
Et pi je suis trop heureux, meme si j'en ai jamais doute 1 sec, qu'ils soient restes eux meme, dans ce petit monde des expats Français, neo-colonialiste et raciste, ou les bonnes ames sont rares, mais n'en sont que plus belles.
Le reste, pour moi c'etait un peu du decor, meme s'il y aurait beaucoup de choses a dire sur cette ville d'immigration europeenne, pleine de contradictions, a la fois fascinante et exasperante, accueillante et xenophobe, humble et exagerement fiere, banale et pourtant unique.
Toutes ses imperfections qui en font sa richesse et son charme incontestable.

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